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Oui. Je n'ai jamais eu d'été qui s'annonçait si bien.
Les vacances ont toujours été pour moi synonymes de décadence. Particulièrement en été. Parce que si celles-ci sont plus longues, elles sont aussi plus ravageuses. Il me semble que je me suis toujours ennuyé tel un rat mort pendant ces longues journées à ne rien faire. A force, je me laissais entraîner dans une espèce de torpeur qui m'enfonçait un peu plus chaque jour. Mes pensées ne faisaient que m'envahir et m'assaillir de questions, toujours plus déroutantes et toujours plus désespérantes. Encore aujourd'hui, je me laisse facilement tomber dans cette dégénérescence. Je me perds.
Ces vacances sonnent déjà plus distrayantes. Des projets en perspectives, et s'ils ne se réaliseront pas tous, d'autres viendront. [...]
Mais surtout, Montpellier. Profiter un peu plus de la vie en oubliant au passage quelques hésitations, et ma nature un peu réservé. Et puis toi. Enfin. Te voir, te serrer dans mes bras, rire avec toi... Partager des moments à nous. Le soir, lorsque je regarderais Grey's Anatomy et mon homologue Meredith, je jetterais de temps à autre quelques coups d'oeil à tes mains travailleuses. Cette vie à deux, je l'attends avec impatience.
J'espère seulement y avoir droit. L'an prochain, je rentre à la fac. Mon dossier est partis à Paris 8, licence d'art et technologie de l'image. Voilà ce que je veux faire. Il se trouve que les inscriptions se déroulent malheureusement entre le 4 et le 20 juillet. Or c'est le 13 que cette vie à deux est censé commencé. Il est pourtant impératif que je sois là bas. Il n'y a plus qu'à attendre. Attendre que la date soit la bonne. Quitte a loupé un jour de la Japan Expo. Je veux connaître cette vie à deux...
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Comme les journées sont longues.
Je commence la première. Doucement, j’aligne les caractères noirs sur cette page blanche. Doucement, l’histoire prend forme. Le casque vissé sur les oreilles, une bouteille de coca zéro à moitié vide et un paquet de kit kat ball posé sur le bureau, la lumière blafarde de l’écran, la musique lancinante. Tout est en place.
Dans quelques heures je vais prendre le train. Avec ma valise, mon sac à dos, mon sac à poupée, mon sac à main et mon carton à dessin. Dans ce carton il y a les premières ébauches de mon dernier prototype de poupée. Les ébauches de Machi. Lorsque tu viendras chez moi, dans quinze jours, je travaillerais encore sur ce petit bout de machin. Le soir, lorsque tu regarderas Grey’s Anatomy lovée sur mon canapé, je garderais un œil sur la télévision en continuant mon travail. Nous aurons un avant goût de notre vie à deux.
Et puis il y aura le feu d’artifice du quatorze Juillet, sur la plage. Les boutiques, les crises de naheulbeukite aigues. On prendra le bus pour aller à la mer. On descendra le petit escalier en pierre, et après le magasin de glace juste avant de tourner à droite on s’arrêtera prendre un coca bien frais dans une crique.
Finalement, j’aime bien l’été.
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